Archives de décembre 2008
La flemme de Noël
Comme me le faisait remarquer l’ami JeF il y a quelques heures, on ne peut pas réellement dire que l’assiduité à mettre à jour ce blog soit particulièrement frappante. Bien sûr, les fêtes, ça aide pas, mais quand même, j’aurais dû.
Ceci dit, la flemme, ça se combat difficilement, surtout que là, la p’tite bête a vaincu la grande : fièvre et crève me pompe tout ce qui pourrait ressembler à de l’énergie. Alors, dans la suite, voilà quelques petites photos récentes et néanmoins signifiantes pour moi, et puis une couillonade de Didier Super en vidéo, parce que c’est surtout ça Noël
Et quand même, parce qu’on va pas non plus en rester là, un petit Didier Super que je conseille à tous, histoire de se souvenir que la magie de Noël c’est surtout le bonheur des enfants partout dans le monde :
Et en bonus, la vraie vérité juste (c’est toujours mieux que l’ordre) sur Noël et la grande supercherie des parents (amateurs de pulls marrons en laine qui gratte, retenez votre souffle) : c’est chez le talentueux dessinateur Boulet.
Allez, on prend de l’élan, et on file vers 2009. D’ici là, peut être, ma recette de daube au sanglier (une première pour moi), histoire qu’on me la commente.
Droits de l’homme ou droit du consommateur ?

Bernard Kouchner
Il y a 60 ans, les Nations Unies adoptaient la déclaration universelle des droits de l’homme.
Bernard Kouchner, le tiers-mondiste deux tiers mondains (la blague n’est pas de moi, mais j’adore), aura, à sa manière, marqué le coup en disant :
«Je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France»
Cette phrase est d’un cynisme tel que, même sortie de son contexte, un ministre des Affaires Etrangères ne peut se permettre de la prononcer impunément. Pas en France, qui fût un jour le pays des lumières puis des droits de l’homme ! Pas dans ce pays dont le Président de la République s’est engagé devant les citoyens à ne jamais mettre les droits de l’homme dans sa poche contre quelques contrats.
Evidemment, dans un pays qui déroule le tapis rouge pour Kadafi et fait l’honneur de sa tribune aux pires dictateurs pour sa fête nationale, on pourrait s’y attendre. Un pays dont le président méprise publiquement les "droits de l’hommistes" par exemple. Un tel Etat mettrait la vente de ses Airbus avant le sort de prisonniers politiques et la liberté de la presse aux jeux olypiques en Chine. Ah merde, c’est ça la France de Sarkozy ! Le pays qui organise un colloque sur les expulsions … à Vichy. Alors les droits de l’homme …
Stephan Oberreit, directeur d’Amnesty International France, a réagit en mettant en lumière toute l’abjection de la situation, même avec les tortillages du cul dont Amnesty est coutumière :
« Cette phrase est choquante. Il faudrait que le ministre l’étaye, elle a peut-être été sortie de son contexte mais on peut être surpris qu’il la prononce le jour des 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Je ne sais pas si c’est voulu ou pas mais il est assez consternant qu’un ministre dise cela. Ce serait un retour à la Realpolitik effrayant.
Aujourd’hui, on a l’impression qu’il y a deux poids deux mesures: parfois on peut parler droits de l’homme et parfois on parle business. Certains pays européens ont une attitude plus cohérente. L’Allemagne par exemple. Sur la Chine, elle a eu une politique beaucoup plus claire que les zigzags français.»
C’est par ailleurs lamentable de la part d’un homme qui a fait toute sa carrière politique sur l’élan donné par son image d’humanitaire, d’un homme qui, un jour, s’est dit socialiste (mais on ne l’a jamais vraiment cru et je crois que lui même en doutait).
Kouchner : un tiers-mondiste, deux tiers mondain, totalement immonde.
L’indécence
Aujourd’hui, billet sérieux. Ca fait trop longtemps que je suis resté silencieux. Le titre de mon billet résume à lui seul mon sentiment face à ce dont je vais parler : le Téléthon.
Alors, évidemment, il faut commencer par ne pas se formaliser par la violence de l’image. J’exagère, je caricature, je fais dans l’outrance. On ne se refait pas !
Evidemment, je ne fais pas de comparaison douteuse entre ce que suggère la photo et la volonté des organisateurs du téléthon, et encore moins la souffrance des familles qui espèrent tant de cette manifestation caritative.
Bon, voilà pour les salamaleks introductifs, plantons maintenant le contexte. Evidemment, l’opportunité vient de l’actualité du week-end, mais la comparaison, même de mauvais goût, et le tas de précautions prises méritent explication.
Il se trouve que, partant en week-end à Barcelone (et oui, on ne se refuse rien), je me rendais compte vendredi que j’allais éviter le traditionnel Téléthon qui me révolte chaque année. Je laissais sur facebook un message en ce sens qualifiant le Téléthon "d’indécente prostitution enfantine médiatique".
Sans déclencher autant de réaction que le message de l’ami Etienne V. (j’ai quand même moins d’entregens
), j’ai eu droit à une réponse d’un collègue qui me force à expliquer ma pensée. Etienne en a fait autant et je souscrit à presque la totalité de ce qu’il raconte dans ce billet. Je dis bien "presque" car, finalement, je serais plus radical.
Je m’évite les précautions sur la douleur des familles, tout ça tout ça, j’en suis conscient et sans devoir brandir un brevet de "je suis pas un connard", j’ai donné dans ce registre et c’est même ça qui m’a poussé à réagir, réfléchir, puis rejeter ce spectacle. Car, après tout, qu’est-ce donc si ce n’est un de ces grands moments de la société du spectacle où l’on jette des enfants malades en pâture au besoin de compassion et de misérabilisme des gens.
Donnez pauvres gens, les riches donneront aussi !
Ces mêmes gens à qui on dit toute la journée qu’il faut être rentable ou se faire inexorablement déclasser (ou être "laissé sur le bord du côté" comme le dirait notre intellectuel de maire de Nice). Ces mêmes gens à qui on inculque, violence sociale après violence sociale, que le collectif ne peut rien pour eux, que l’impôt est spoliateur et que l’Etat fait bien mieux de rendre l’argent aux riches qui l’ont bien mérité (moralité, si t’es pauvre c’est que tu le mérites aussi). Ceux là même que l’on prive de soin à coût de franchise médicale et de déremboursement de médicaments.
A ceux là, on vient dans les paillettes et en dépensant un argent public phénoménal leur réclâmer le fric qu’ils ont de moins en moins au motif que merde ! Ces pauvres gamins souffrent ! Regardez Madame Michu, ils bavent même et puis lui, là, il pleure (vas-y John, gros plan) ! Et de 100 millions d’euro, 100 !
Combien pour le bouclier fiscal déjà ? Combien pour sauver les fesses des boursicoteurs ? Bon, ok, la métaphore est déjà bien éculée à force. Alors combien d’économie sur le dos du CNRS depuis que la droite est au pouvoir ?
Et combien de profits pour les entreprises pharmaceutiques ?
Ouuuffff, des sommes qu’on n’imagine même pas. Il faut dire, celles là, les boites pharmaceutiques, elles s’emmerdent pas.
- Formation : l’argent public des Universités et des labos de recherche qui encadrent les thèses
- Recettes : l’argent des patients … ah, pardon, de la sécu et des mutuelles, alors on peut augmenter les tarifs !
Oui, me direz vous, mais sans les labos, qui feraient les médicaments ? Ben justement, ils focalisent leurs dépenses de R&D sur les médicaments rentables. Certes, des fois c’est pour améliorer le service rendu, mais parfois c’est juste parce qu’un médoc rentable va passer en générique, alors il faut vite trouver une formule pour faire comme si il y avait un progrès … un maquillage comme pour une voiture volée.
Et, forcément, rien pour les maladies rares, notamment les myopathies. Ben oui, vous comprenez, les lois du marché, tout ça tout ça. Mais l’Etat va s’en occup… ah oui mais son budget ne le permet pas car il faut rembourser le trou de la sécu et puis les impôts c’est mal alors … bah, on tape les gens généreux et on culpabilise les autres.
Bon, oui, le monde est injuste, mais on va pas laisser ces mômes crever, non ?
C’est vrai ça, "ces mômes", pourquoi n’y a-t-il quasiment que des enfants à la téloche ? Au risque de surprendre, il faut dire qu’il y a énormément de personnes agées qui sont atteints par exactement les mêmes maladies. Et pourquoi les enfants qu’on voit sont atteints mais pas aux stades les plus avancés ?
Tout simplement parce qu’un enfant qui bave ça rapporte plus qu’un vieux qui bave, mais en même temps, s’il bave pas trop on entrevoit encore l’espoir et on donne du fric. C’est un casting infect ! C’est exploiter la souffrance d’enfant pour faire un bon chiffre. C’est pas beaucoup plus glorieux que les manouches qui mendient avec un bébé au bras.
Dès qu’on exploite l’image d’un enfant, il faut se poser d’énormes questions éthiques. Là, non seulement les questions n’ont pas été posées, mais on est allé au delà de tout ce qui est supportable. Pourquoi pas des nanas à poil tant qu’on y est ? Et puis, tant qu’à faire, des enfants myopathes à poil, peut être que les pédophiles donneront du fric.
J’exagère ? Oui, beaucoup. Mais le ressort et la transgression sont du même ordre.
Mais c’est pour la bonne cause, non ?
Ben oui, la recherche pour combattre des maladies qui font souffrir des enfants et des vieux, c’est une cause noble. Elle mérite qu’on y consacre du fric public ou pas d’ailleurs, du temps médiatique, de l’investissement personnel de stars et de scientifiques, tout ça. Mais pourquoi le Téléthon et les maladies qu’il cible ? Pourquoi pas les autres ? Pourquoi n’utilise-t-on pas les mêmes ressorts pour lutter contre la faim dans le monde, le Sida, la guerre, Nicolas Sarkozy, la peste ou le choléras ?
Qu’est-ce qui a décidé de mettre la priorité sur ces maladies et pas sur les autres ? Et là on tombe dans ce qui est le plus difficile à dire. Une politique publique, ça doit s’appuyer sur un raisonnement cartésien et pas sur l’émotion, le sentiment. Sinon, on fait du n’importe quoi.
Alors le fait que les entreprises pharmaceutiques orientent leurs recherches vers les médicaments rentables, tout le monde trouve ça écoeurant, mais faut-il accepter que ce soit une entreprise médiatique qui en décide ?
Pour éliminer le sida, taper 1. Pour le paludisme, taper 2.
Exclure l’expertise scientifique de ces choix, c’est nécessairement verser dans la démagogie ou, pire, la mise en concurrence des souffrances et des causes humanitaires.
Par ailleurs, l’implication sociétale de ces recherches est suffisament claire pour qu’un débat public participe à cette orientation et, in fine, la tranche. La droite a commencé à explorer ce champ politique en se positionnement explicitement sur la lutte contre le cancer et la maladie d’Alzheimer. Le défaut de ces actions politiques, outre l’absence de référence scientifique et la tendance malsaine de Sarkozy à manipuler les chiffres, est une sectorisation à outrance.
Mais il n’empêche qu’une onction démocratique précédée d’un débat éclairé sera toujours plus appréciable qu’un spectacle indécent dont la prochaine évolution décadente sera peut être d’être mis en scène par Endemol.
Et pendant ce temps dans le pays mystérieux de Ségolène Royal ?
Le lien avec ce qui se passe au Parti Socialiste est ténu, mais finalement, ça se tient puisque, enfin, un secrétaire national à la recherche du Parti Socialiste semble pouvoir avoir de l’ampleur avec la nomination du dynamique Bertrand Monthubert, président de "Sauvons la Recherche".
Et puis, on parlait d’indécence. Et bien l’attitude de Ségolène Royal et de ses sbires y verse considérablement. Se victimiser en public après avoir refusé en privé toute participation à l’éxécutif du PS, au mépris du besoin qu’ont tant de nos concitoyen d’un PS fort et cinglant opposition est irresponsable et minable.
En face, chez l’UMP, c’est pas beaucoup mieux quand on voudrait défiscaliser les moins-value des boursicoteurs qui auraient été plus cons que la moyenne pendant la crise. Faudrait commencer par taxer sérieusement leurs bénéfices !








