La moutarde du poitou, ça rend triste
L’épisode du week-end dans le lamentable reality-show socialiste mis en scène par la (souvent tout aussi lamentable) presse a un aspect intéressant : il s’en prend à des protagonistes d’habitude rangés du côté des gentils-brimés-oulala-pourtant-c’est-eux-qui-ont-raisons. On a donc eu droit au clash Ségolène-Peillon à Dijon façon bal des égos et phrases ultra-violente.
Je n’ai pas l’habitude de faire ça, mais je vais remettre ici, quasiment in extenso, un commentaire que j’ai écrit sur le statut Facebook d’un copain qui a beau être plutôt Ségoléniste n’en est pas moins immensément respectable, intelligent et, surtout, un vrai militant dévoué comme j’aime. Malgré l’estime que j’ai pour lui, je l’ai (involontairement, mais j’aurais dû le prévoir) blessé hier en faisant une blague naze. Le seul intérêt étant que ça ouvre la discussion sur le sujet. Or donc, voilà plus ou moins ce que je pense de l’épisode du jour.
Pour avoir vu Peillon à l’oeuvre à l’époque de Nouveau Parti Socialiste (NPS), il me semble effectivement que ce garçon est brillant et que ses analyses sont souvent très pertinentes … tant qu’il ne fait pas de stratégie politique.
Parce que là, il nous a fait un zigzag assez horrifiant partant de NPS plutôt aile gauche du parti, fustigeant la dérive centriste et mollasse du PS orchestrée par Hollande, pour en arriver à Ensemble à Gauche (EAG), héraut de l’alliance avec le modem et (de la manière la plus opportuniste) avec Cohn Bendit….
Son principal défaut, me semble-t-il, est un problème d’égo et, aussi, de nanisme politique (au sens où il n’a que très peu de réseau et d’influence militante dans le parti) qu’il cherche à tout prix à compenser le plus vite possible. Il avait essayé de prendre la main sur NPS, sa précipitation amenant le chaos entre lui et Montebourg. Il a fait l’OPA sur EAG plus adroitement et avec un peu plus de patience.
Je vais surprendre personne me connaissant, je pense que l’orientation défendue par EAG à Marseille est tout sauf “aller dans le bon sens” mais plutôt “face au mur, se mettre la main sur les yeux et accélérer”.
Pendant 12 ans Hollande a poussé doucement à la roue pour qu’on en arrive là, ne faisant finalement qu’embourber le PS dans une crise d’identité majeure et surtout contre productive politiquement. Evidemment, à force, les intellectuels de gauche nous ont quitté, suivant de peu les électeurs, remplacés par des pseudos penseurs peopolo-médiatiques à la BHL, symbole de la médiocrité imposé par les médias, et par des journaleux qui se sont crus pousser des ailes de censeurs, façon Le Normand ou Quatremer, oubliant de diffuser et décrypter l’information pour distribuer leurs bons et mauvais points comme un instituteur aigri.
Bref, l’alliance centre-gauche n’est pas une nouveauté, c’est le poison qui a tué toute la social démocratie européenne.
Par contre, là où je vais peut être en surprendre un ou deux, c’est sur l’épisode de ce week-end. Les mots ont été durs, Peillon a géré ça comme un naze tout encombré de son égo, mais il a raison : Ségolène a commis une faute importante en se précipitant là bas. Leur volonté de faire un rassemblement politique hors des ambitions présidentielles pour faire bosser 3 mouvements dirigés par des melons en chef (Ségolène, Bayrou et Cohn Bendit, feraient passer chacun Peillon pour un moine bouddhiste !) est la bonne stratégie, même si je verrais d’un meilleur oeil la même énergie dépensée dans le rassemblement de la gauche.
La conclusion de Peillon est très juste : ça devait être un débat sur le fond, ca n’a été qu’une nouvelle mise en scène d’accrocs entre socialistes.
Je voudrais pas faire le lourd, mais à chaque fois que Ségolène est dans les parages, on en finit là et, pour le coup, elle ne peut accuser ni la gauche du parti ni la presse ni personne d’autre qu’elle, qui s’est mise à la faute toute seule comme une conne, se payant, en prime, le luxe de paraître arrogante et autoritaire pour masquer sa propre imbécilité politique du jour.









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