La moutarde du poitou, ça rend triste

16 novembre 2009 Hervé 7 commentaires

rose_faneeL’épisode du week-end dans le lamentable reality-show socialiste mis en scène par la (souvent tout aussi lamentable) presse a un aspect intéressant : il s’en prend à des protagonistes d’habitude rangés du côté des gentils-brimés-oulala-pourtant-c’est-eux-qui-ont-raisons. On a donc eu droit au clash Ségolène-Peillon à Dijon façon bal des égos et phrases ultra-violente.

Je n’ai pas l’habitude de faire ça, mais je vais remettre ici, quasiment in extenso, un commentaire que j’ai écrit sur le statut Facebook d’un copain qui a beau être plutôt Ségoléniste n’en est pas moins immensément respectable, intelligent et, surtout, un vrai militant dévoué comme j’aime. Malgré l’estime que j’ai pour lui, je l’ai (involontairement, mais j’aurais dû le prévoir) blessé hier en faisant une blague naze. Le seul intérêt étant que ça ouvre la discussion sur le sujet. Or donc, voilà plus ou moins ce que je pense de l’épisode du jour.

Pour avoir vu Peillon à l’oeuvre à l’époque de Nouveau Parti Socialiste (NPS), il me semble effectivement que ce garçon est brillant et que ses analyses sont souvent très pertinentes … tant qu’il ne fait pas de stratégie politique.

Parce que là, il nous a fait un zigzag assez horrifiant partant de NPS plutôt aile gauche du parti, fustigeant la dérive centriste et mollasse du PS orchestrée par Hollande, pour en arriver à Ensemble à Gauche (EAG), héraut de l’alliance avec le modem et (de la manière la plus opportuniste) avec Cohn Bendit….

Son principal défaut, me semble-t-il, est un problème d’égo et, aussi, de nanisme politique (au sens où il n’a que très peu de réseau et d’influence militante dans le parti) qu’il cherche à tout prix à compenser le plus vite possible. Il avait essayé de prendre la main sur NPS, sa précipitation amenant le chaos entre lui et Montebourg. Il a fait l’OPA sur EAG plus adroitement et avec un peu plus de patience.

Je vais surprendre personne me connaissant, je pense que l’orientation défendue par EAG à Marseille est tout sauf “aller dans le bon sens” mais plutôt “face au mur, se mettre la main sur les yeux et accélérer”.

Pendant 12 ans Hollande a poussé doucement à la roue pour qu’on en arrive là, ne faisant finalement qu’embourber le PS dans une crise d’identité majeure et surtout contre productive politiquement. Evidemment, à force, les intellectuels de gauche nous ont quitté, suivant de peu les électeurs, remplacés par des pseudos penseurs peopolo-médiatiques à la BHL, symbole de la médiocrité imposé par les médias, et par des journaleux qui se sont crus pousser des ailes de censeurs, façon Le Normand ou Quatremer, oubliant de diffuser et décrypter l’information pour distribuer leurs bons et mauvais points comme un instituteur aigri.

Bref, l’alliance centre-gauche n’est pas une nouveauté, c’est le poison qui a tué toute la social démocratie européenne.

Par contre, là où je vais peut être en surprendre un ou deux, c’est sur l’épisode de ce week-end. Les mots ont été durs, Peillon a géré ça comme un naze tout encombré de son égo, mais il a raison : Ségolène a commis une faute importante en se précipitant là bas. Leur volonté de faire un rassemblement politique hors des ambitions présidentielles pour faire bosser 3 mouvements dirigés par des melons en chef (Ségolène, Bayrou et Cohn Bendit, feraient passer chacun Peillon pour un moine bouddhiste !) est la bonne stratégie, même si je verrais d’un meilleur oeil la même énergie dépensée dans le rassemblement de la gauche.

La conclusion de Peillon est très juste : ça devait être un débat sur le fond, ca n’a été qu’une nouvelle mise en scène d’accrocs entre socialistes.

Je voudrais pas faire le lourd, mais à chaque fois que Ségolène est dans les parages, on en finit là et, pour le coup, elle ne peut accuser ni la gauche du parti ni la presse ni personne d’autre qu’elle, qui s’est mise à la faute toute seule comme une conne, se payant, en prime, le luxe de paraître arrogante et autoritaire pour masquer sa propre imbécilité politique du jour.

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Relooking

22 octobre 2009 Hervé 4 commentaires

Comme vous vous en êtes bien entendu rendu compte, le blog a subit un petit lifting. Oh, rien de bien artistique (vu que je suis sur la plateforme gratuite de wordpress, je ne peux que choisir parmi ce qu’ils proposent)  mais je trouve ce thème plus agréable et lisible.

WordPress a aussi lancé un truc génial : un thème spécial pour terminaux mobiles. Parcourir un blog avec un iPhone ou un Blackberry est du coup super agréable.

Et vous, qu’est-ce que vous en pensez ?

Et allez lire la Bande pas Dessinée

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Mobilité, iPhone et architecture

21 octobre 2009 Hervé 8 commentaires

Ce matin, j’ai pu expérimenter un phénomène que nous, provinciaux, connaissons peu. Même si nous déplorons souvent le parisianisme français et la concentration de toutes les ressources et les attentions sur la capitale, nous oublions que les habitants de cette métropole en payent un prix certain. Un développement urbanistique par accumulation de phases rarement pensées et coordonnées et aussi une concentration trop importante de population impliquent une dégradation importante de la qualité de vie, notamment dans le domaine que je connais bien : les réseaux.

L’engorgement des réseaux de transport parisiens est une lapalissade dont chacun a conscience. L’éclatement de la population dans des zones de plus en plus éloignées les unes des autres à cause d’une mixité sociale déficiente d’une part, et de la spécialisation des “clusters” et “bassins d’attractivité” d’autre part, impose des trajets toujours plus longs, des détours et, in fine, des sur-saturations des axes principaux. Ce phénomène est amplifié par l’inertie des réseaux de transport publics à s’adapter aux évolutions de la démographie, du fait de la réticence des politiques à mailler correctement certaines zones, mais surtout du temps incompressible des travaux et de la complexité des réoptimisations des trajets nécessaires. Et bien sûr, le réseau routier, qui supporte tout le trafic des citoyens mal desservis par les transports publics et de ceux dont l’activité professionnelle exige une voiture, est encore plus statique et s’écroule sous la charge. Bon, voilà, tout le monde sait ça.

Un autre réseau qui souffre lourdement de cette sur-concentration, et c’est peut être plus surprenant, est le réseau de télécommunication.  A première vue, il semble pourtant que ce soit l’inverse : libéralisation “aidant”, les zones les mieux servies, les plus rentables, sont les plus denses au détriment de la planification et du développement des zones rurales. En privatisant l’opérateur public qui installait l’infrastructure physique des réseaux de télécommunication, la France s’est coupé un bras, s’empêchant d’agir efficacement envers les territoires moins denses (avec le fameux cache-sexe de la “mission de service public” qui a dû permettre de conserver 3 cabines téléphoniques dans les villages) et, ainsi, renforçant l’effet de concentration et de spécialisation des territoires à mesure que l’infrastructure de  télécommunication est devenue un enjeu aussi (voire plus) important que l’infrastructure routière dans l’installation d’une industrie.

Bref, on a rajouté de la concentration à la concentration et il y a donc des zones où l’on installe de la fibre optique à plus savoir qu’en faire, dans les technopoles il y a quelques années, les centres d’affaires ensuite, les centres urbains denses maintenant. On a commencé par Paris évidemment, puis Lyon, ça touche Nice maintenant, mais il y a toujours des villes (et même des quartiers de grandes villes comme les collines Niçoises) où l’Internet “haut débit” est un mythe. Le même phénomène se produit avec les réseaux mobiles, même si la 3G+ se trouve dans pas mal de centres urbains, il y a encore beaucoup de zones où le GSM de base est aléatoire.

Alors, pourquoi dire qu’en région parisienne, la situation des réseaux de télécommunication est mauvaise ?

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Didier, c’est super

11 octobre 2009 Hervé Laisser un commentaire

Trash comme il faut, j’adore !

(et merci à Blaise !)

Par ailleurs, hier la petite bande de copains d’il y a déjà 12 ans  est allée se sustenter dans un restau intéressant : Les Muses de l’Opéra. Pour tout dire, je m’étais planté en réservant, et je voulais plutôt atterrir au “Bouchon de l’Opéra“, faudra retenter une autre fois.

Pour le coup, les Muses de l’Opéra, c’est le restaurant qui est sur les toits du très bel opéra de Lyon (ce soir là on y jouait Don Giovanni, mais on n’a rien entendu si ce n’est dans l’ascenseur), la terrasse étant juste derrière les Muses que vous voyez sur la photos (qui n’est pas de moi).

Autant dire que le cadre se paye un peu et c’est un peu cher pour ce que c’est, mais on a une vue sur les toits de la Presqu’île qui est loin d’être négligeable. Ca doit d’ailleurs être un endroit à prendre d’assaut en été, pour pouvoir profiter des lueurs du couchant. Bon, en tout cas, on a bien bu (on s’est lâché sur un bourgogne de 97 et un pouilly fuissé de fort bon aloi) et plutôt bien mangé. Mais, le plus est important, on s’est quand même bien marrés et on a passé une de ces soirées entre vieux amis qui donnent le sourire.

En plus il fait beau ce matin.

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Vous avez un bout de patate dans le nez …

garfield_malade

Le seul avantage du rhume, c’est qu’on a une excuse pour boire des grogs ! En plus, je les fais à la cachaça, ce qui est bien loin d’être désagréable. Mais bon, il s’accroche ce satané rhume et ça commence à être lourd.

Sinon, pour garder l’entrain et la bonne humeur du jour bien illustrés par le dessins ci-dessus, n’hésitons pas à admirer la “pertinence” des choix idéologiques et économiques de Sarkozy et de son clone raté Estrosi. Franchement, il faut vraiment avoir le niveau intellectuel et la bonne foi d’un Lefebvre pour ne pas admettre qu’une utilisation intelligente de l’impôt pourrait rétablir un juste équilibre entre la rémunération du travail et celle du capital  et faire pile l’inverse !

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