Archive

Articles avec le mot clé ‘politique’

Mobilité, iPhone et architecture

21 octobre 2009 Hervé 8 commentaires

Ce matin, j’ai pu expérimenter un phénomène que nous, provinciaux, connaissons peu. Même si nous déplorons souvent le parisianisme français et la concentration de toutes les ressources et les attentions sur la capitale, nous oublions que les habitants de cette métropole en payent un prix certain. Un développement urbanistique par accumulation de phases rarement pensées et coordonnées et aussi une concentration trop importante de population impliquent une dégradation importante de la qualité de vie, notamment dans le domaine que je connais bien : les réseaux.

L’engorgement des réseaux de transport parisiens est une lapalissade dont chacun a conscience. L’éclatement de la population dans des zones de plus en plus éloignées les unes des autres à cause d’une mixité sociale déficiente d’une part, et de la spécialisation des “clusters” et “bassins d’attractivité” d’autre part, impose des trajets toujours plus longs, des détours et, in fine, des sur-saturations des axes principaux. Ce phénomène est amplifié par l’inertie des réseaux de transport publics à s’adapter aux évolutions de la démographie, du fait de la réticence des politiques à mailler correctement certaines zones, mais surtout du temps incompressible des travaux et de la complexité des réoptimisations des trajets nécessaires. Et bien sûr, le réseau routier, qui supporte tout le trafic des citoyens mal desservis par les transports publics et de ceux dont l’activité professionnelle exige une voiture, est encore plus statique et s’écroule sous la charge. Bon, voilà, tout le monde sait ça.

Un autre réseau qui souffre lourdement de cette sur-concentration, et c’est peut être plus surprenant, est le réseau de télécommunication.  A première vue, il semble pourtant que ce soit l’inverse : libéralisation “aidant”, les zones les mieux servies, les plus rentables, sont les plus denses au détriment de la planification et du développement des zones rurales. En privatisant l’opérateur public qui installait l’infrastructure physique des réseaux de télécommunication, la France s’est coupé un bras, s’empêchant d’agir efficacement envers les territoires moins denses (avec le fameux cache-sexe de la “mission de service public” qui a dû permettre de conserver 3 cabines téléphoniques dans les villages) et, ainsi, renforçant l’effet de concentration et de spécialisation des territoires à mesure que l’infrastructure de  télécommunication est devenue un enjeu aussi (voire plus) important que l’infrastructure routière dans l’installation d’une industrie.

Bref, on a rajouté de la concentration à la concentration et il y a donc des zones où l’on installe de la fibre optique à plus savoir qu’en faire, dans les technopoles il y a quelques années, les centres d’affaires ensuite, les centres urbains denses maintenant. On a commencé par Paris évidemment, puis Lyon, ça touche Nice maintenant, mais il y a toujours des villes (et même des quartiers de grandes villes comme les collines Niçoises) où l’Internet “haut débit” est un mythe. Le même phénomène se produit avec les réseaux mobiles, même si la 3G+ se trouve dans pas mal de centres urbains, il y a encore beaucoup de zones où le GSM de base est aléatoire.

Alors, pourquoi dire qu’en région parisienne, la situation des réseaux de télécommunication est mauvaise ?

Lire plus…

Catégories:Le salon Mots-clefs :,

A ces 16 millions de Français …

A ces 16 millions de Français qui ne partent pas en vacances chaque année.

Ces familles que Sarkozy a accusé avec mépris de “ne pas le mériter”.

Ces gens, dont l’immense majorité travaille et galère au quotidien, et pour qui “vacances” ne rime chaque année qu’avec “peut être”.

Pour eux, mais aussi pour l’ensemble de la société française qui se porterait mieux si les écarts socio-économiques étaient moins titanesques, le Parti Socialiste travaille face à une UMP qui se fout de leur difficultés.

Pour ceux que mon nombril intéresse aussi, je prends 15 jours de vacances cette année : du 11 au 21 pour repos et voyage en Bretagne et quelques jours fin août pour préparer notre déménagement à Lyon qui aura lieu autour du 5 septembre (à préciser).

Catégories:Le salon Mots-clefs :, , ,

Prendre de la hauteur … et rêver

9 juin 2009 Hervé 2 commentaires

Aujourd’hui, journée calme.

Il faut dire, on a commencé par se plomber la panse dans un endroit peu recommandable où l’on nous a servi une soupière en guise de chocolat (avec chantilly et marshmallow s’il vous plaît) et des pancakes dont l’énormité n’avait malheureusement d’égal que la bofitude (rien de Ségoléniste par là) gustative.

Ensuite on a pas mal crapahuté, histoire de dépenser le trop-plein d’énergie, et on s’est retrouvé dans la dernière partie vraiment populo de Manhattan, dans le bout du Est Village (le bord du côté dirait notre prix nobel d’élite niçoise). On retrouve là l’ambiance des films new-yorkais des années 70, le danger en moins. Les immeubles sont en mauvais état, les gens aussi pour pas mal. Pas des gueules cassées comme dans la partie la plus vivante de Brooklyn que j’ai pu voir, plutôt un mélange assez hétéroclite entre des classes moyennes inférieures qui surnagent à la hausse des prix et d’autres qui sont plus sur le fil du rasoir de la marginalité : gueules de drogués, vieux visiblement perdus dans leur passé, etc. Bref, on s’est pas attardé, c’était pas ce qu’on recherchait et on n’était pas à notre place.


Ensuite, notre acolyte est parti rejoindre la Méditerranée (enfin j’espère) et nous, on est plutôt parti chercher des places pour un “musical” sur Broadway. Ben c’est la guerre et on aurait dû faire ça par Internet. Il y a bien un endroit où choper des places au p’tit bonheur la chance pour le jour même et à prix cassés, mais il faut faire la queue longtemps (à vue de nez, au moins 3 bonnes heures), sans garantie d’avoir ce qu’on veut.

Sinon, l’alternative consiste à errer de theatre en theatre pour demander quand-est ce qu’ils ont des places. Pas de bol, Mama Mia ne joue pas avant mercredi, West Side Story n’avait plus de paire de places, et du coup on se “rabat” sur Chicago demain soir. Ca n’est un second choix que parce qu’Alis l’a déjà vu à Londres, mais vu le film et les critiques sur le show, je pense qu’on va apprécier. On aurait aussi pu aller voir le truc de Yasmina Reza (les dieux du carnage) mais, objectivement, une pièce en anglais, on n’était pas prêts. Lire plus…

Ce soir, prenons un monde d’avance

6 novembre 2008 Hervé Laisser un commentaire

Catégories:Le salon Mots-clefs :, , ,

Un monde d’avance pour l’espoir à gauche

24 septembre 2008 Hervé 7 commentaires

Les congrès du Parti Socialiste se déroulent par phases. Dans une première phase, des “contributions” sont déposées. Ce sont des textes d’orientation, visant à décrire la société que nous désirons construire, la stratégie à suivre pour y arriver et le fonctionnement désiré du Parti. En somme, le dépôt d’un tel texte est un acte politique de participation à un débat ouvert. Les militants sont appelés à participer à ce débat sur la base de ces textes.

De ces débats peuvent émerger des convergences idéologiques, des situations où des groupes de personnes se disent “oui mais, là on dit pareil en fait”. Des compromis se nouent, des alliances se forment et aboutissent à des textes politiques, les motions. Les motions sont proposées au vote des militants et chaque texte a vocation à définir une orientation politique du Parti pour les prochaines années.

Ca, c’est la théorie. En pratique c’est une bonne partie du congrès mais pas tout. C’est aussi le moment des regroupements stratégiques, parfois des compromissions, ponctuellement d’errements tristes à voir.

Les médias aiment à regarder cette petite partie là et la grossir, ça fait du “sensass”, du pain et des jeux. Il faut dire, on les aide pas mal en cette période. La décomposition de la majorité organisée par Hollande sur la base d’un consensus non pas politique mais stratégique ne pouvait amener qu’à cette cacophonie (pour reprendre un mot adulé par les média qui se répètent plus qu’autre chose). Mais au final, on arrive à quelque chose de quasiment cohérent :

  • La gauche du Parti est rassemblée. Comme l’a dit Mélenchon, “c’est historique”, et pas qu’à un seul titre, j’y reviendrai.
  • Le camp de ceux qui veulent “abandonner la référence au socialisme” (la citation est de Manuel Valls qui veut, comme Ségolène, renommer le parti) pour aller s’allier à Bayrou est rassemblé. C’est par ailleurs la motion où l’on retrouve les fédérations les plus sulfureuses : l’Hérault, les Bouches du Rhônes et, dans une moindre mesure, le Rhône. On verra ce qu’il pèse parmi les militants une fois l’aspect attirant de “l’ex-candidate” retiré. N’oublions pas que dans Lyon, où le maire Gérard Collomb premier signataire de la Ségo-motion, il faut aller chez les fleuristes pour trouver une rose.
  • La nébuleuse jospino-hollandaise est réunie. Delanoé est une personnalité intéressante politiquement et il a un charisme indéniable. Mais regrouper avec lui tous les réseaux de François Hollande qui a fait tant de mal au Parti ces 13 dernières années, le tout pour conserver à Jospin son contrôle sur le Parti, ça sent plus la naphtaline que la rénovation dont il se réclâme (probablement sur le conseil d’un stagiaire en marketing). On peut par ailleurs souligner le pire des échecs de ce congrès : la fin, un peu pathétique, de Moscovici dont l’égo a entraîné des militants sincères dans un tourniquet qui donnait mal à la tête de l’extérieur.
  • La coalition autour de Martine est plus étrange. C’est un mélange de ni-ni, d’aventuriers politiques et de militants qui veulent le changement dans le parti en phase avec les valeurs socialistes, le tout porté par un texte que je crois sincèrement à gauche. Le spectre politique très large de cette attelage est plus inquiétant. Jean-Christophe Cambadélis, à qui l’on doit les pirouettes de Moscovici, est notoirement en désacord avec Laurent Fabius sur un grand nombre de sujets. Et Montebourg, on ne sait jamais avec qui il sera le lendemain, sautiller de Martine à Ségolène comme il l’a fait tout le congrès, cela demande beaucoup de souplesse… Le risque est bien évidemment que des accords stratégiques internes ne soient pas du goût de tout le monde et que ce front ne soit pas de la plus grande solidité. Mais, d’un autre côté, peut être que Martine sait faire la synthèse de tout ce monde et l’entraîner.

On retrouve ensuite deux motions plus mineures : Utopia, sur le fond altermondialiste toujours intéressante à lire mais dont on sait qu’elle finira par s’allier au plus gros, et celle du pôle écologiste, qui a le mérite de mettre en avant une question majeure que le parti oublie souvent.

Revenons à la gauche du Parti rassemblée. C’est effectivement historique. D’une part parce que c’est une réalité désolante mais incontournable que les différentes mouvances théoriques de la pensée de gauche se sont toujours tapées dessus : le trotskysite contre les menchévistes contre les staliniens contre … tout ça contre les réformistes. Et, dans la gauche du PS, on retrouve des lignes de clivages de ce genre.

La force de Benoît Hamon est d’avoir réussi à résoudre le clivage entre la première gauche et la deuxième gauche (en gros les ex-mittérandiens et les ex-rocardiens). Je reviendrai probablement dans un autre billet sur les premières et deuxième gauche, mais on a là des ex-rocardiens (Pierre Larrouturou et dans une certaine mesure Benoît Hamon), des tenants historiques de la première gauche (Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon), des Fabiusiens (Marie-Noelle Liennemann et Paul Quilès), etc.

Dans la vidéo ci-dessous, il présente sa motion “Un monde d’avance”.

La question qui se pose alors, c’est de savoir en quoi cet attelage est différent de celui autour de Martine Aubry. Est-ce encore un sac à ambition ? La réponse est bien évidemment non, il s’agit là d’un rassemblement sur la base d’une ligne politique claire et affirmée et d’une conviction, celle de l’urgence dans laquelle est le Parti Socialiste de retrouver une parole de gauche décomplexée, réformiste, qui invente demain prenant compte des crises qui traversent le monde actuellement, climatique, alimentaire, économique et financière. Cette convergence est réellement idéologique car elle s’est faite avant d’envisager un regroupement au delà des clivages historiques.

Cette union est historique à un autre égard. Celle des générations politiques. Il est intéressant de voir que les trois autres “grosses” motions (que je déteste cette appellation) sont dirigées ou téléguidées par des personnalités issues du Mittérandisme. Ségolène, Bertrand ou Martine, les trois sont de cette génération politique. Les trois sont des exemples typiques de cette génération qui a capté le pouvoir dans la société et dans le parti et qui refuse de le lâcher. Cette génération porte l’immense responsabilité de l’état de décrépitude de la pensée de gauche, de l’extrême gauche au centre, plus préoccupée à empêcher les jeunes d’émerger qu’à renouveler sa pensée. La motion portée par Benoît Hamon ouvre clairement une autre perspective, celle d’anciens comme Henri Emmanuelli ou Jean-Luc Mélenchon, qui passent le flambeau et disent “notre combat, c’est le tien maintenant”. Sans l’assise idéologique, ça ne serait rien d’autre qu’un vague “sortez les sortant”. Là, il s’agit d’un véritable changement de cycle politique.

Bref, vous l’aurez compris, mon vote, comme celui de JeF ou de Dedalus, ira à la motion “Un monde d’avance” portée par Benoît Hamon. Mon deuxième choi aurait probablement Martine Aubry, et j’espère qu’une synthèse pourra se faire dans la troisième phase de congrès, mais encore faut-il que nous soyons en position de peser suffisamment pour qu’une direction clairement ancrée sur un projet politique de gauche serait bien plus à même de préparer le parti pour affronter les épreuves qui nous attendent.

Catégories:Le salon Mots-clefs :, , , ,